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GEORGE DANDIN

Posté sur Juin 9, 2017 dans

GEORGE DANDIN

1668 : Molière prend part au Grand Divertissement de Versailles. Il a repris et augmenté La Jalousie du Barbouillé pour fabriquer son George Dandin ; il a concocté avec Lully une Pastorale qu’ils entremêlent à la comédie. La Pastorale finit bien, la farce finit mal. Les Versaillais s’esclaffent sur le dos du parvenu puni.

Mais la pièce est réversible. Tout le monde en prend pour son grade. Et c’est ce qui fait qu’on la joue encore 350 ans plus tard.

George Dandin, paysan enrichi, s’est offert un petit Versailles, une jeune femme, un titre de noblesse et de beaux habits.

La pièce nous raconte la descente aux Enfers de celui qui s’était cru parvenu (sic) au Ciel. Trois actes, trois tentatives pour rester le maître à bord, trois échecs, trois humiliations : le réel qu’on voulait fuir revient au galop. Le pire étant que le bonhomme sait pratiquement tout dès le départ, il le dit et le répète : inépuisable lutteur d’un combat perdu d’avance.

La mise en scène historique de Roger Planchon (Villeurbanne, 1958 !) a beaucoup influencé ma vie artistique – et la mémoire théâtrale de bien des gens. J’ai choisi aujourd’hui de placer dans une lumière nouvelle cette farce d’un pitre mélancolique, humaniste et impitoyable avec ses contemporains, et peut-être avec nous : Molière.
Le cauchemar de
Dandin se transmet ainsi à toute la comédie qui devient un rêve éveillé, somnambulique, traversé par tous les personnages.

Jean-Pierre Vincent